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Une alternative écoresponsable aux cylindres de CO2, comment fonctionne un réseau d'échange et ce qu'il coûte

Frontière FM
5 oct.
4 min de lecture

Pour faire son eau pétillante à la maison, il faut un cylindre de CO2, et ce cylindre se remplace plusieurs fois par année selon la consommation. Une alternative aux cylindres achetés neufs puis rapportés en grande surface s'est développée au Québec : un réseau d'échange dans les commerces de proximité, où le contenant reste en circulation et où seul le gaz est facturé.


Pour un ménage, l'intérêt de la formule dépend surtout d'un facteur, la présence d'un point de service sur son trajet. Voici comment le modèle fonctionne, ce qu'il demande aux commerces qui y participent, et ce qu'il coûte réellement par rapport aux autres façons de boire de l'eau pétillante, avec l'exemple du réseau d'échange de cylindres le plus étendu au pays.


Ce qui pèse le plus dans une eau pétillante achetée à l'épicerie

L'eau est lourde et volumineuse. Transporter des canettes ou des bouteilles d'une usine d'embouteillage vers un entrepôt, puis vers une épicerie, mobilise beaucoup de camions pour un produit dont l'ingrédient principal sort déjà du robinet. À cela s'ajoute le contenant, fabriqué, rempli, étiqueté, puis récupéré et retraité après usage. Même avec la consigne, chaque contenant doit être ramassé, transporté et traité avant de redevenir de la matière utilisable.


La gazéification maison change l'équation. L'eau n'est plus transportée, elle vient du robinet. Le CO2, seul consommable, est livré dans un cylindre d'acier qu'il suffit d'échanger quand il est vide.


C'est là que les modèles d'affaires diffèrent. Un cylindre peut être racheté neuf chaque fois, ce qui multiplie les contenants d'acier en circulation. Il peut aussi être échangé contre un cylindre déjà rempli, le vide repartant vers une unité de remplissage pour être remis en service. Dans ce second cas, le même contenant fait des dizaines d'allers-retours avant de sortir du circuit, et le consommateur ne paie que le gaz.


Comment fonctionne l'échange

On apporte son cylindre vide dans un commerce partenaire et on repart immédiatement avec un plein. Ni commande, ni délai, ni remplissage sur place. Le commerce ne manipule pas de gaz; il tient un inventaire de cylindres pleins et récupère les vides, qui retournent ensuite à l'unité de remplissage.


Au Québec, ce fonctionnement est porté par Indigo Soda, dont le siège est à Saint-Eustache, sur la Rive-Nord de Montréal, et qui remplit ses cylindres ici. Selon l'entreprise, l'idée est née d'un irritant très concret : chaque échange de bonbonne imposait un détour vers la même grande surface. Le réseau compte aujourd'hui plus de 2 500 points d'échange au Canada, surtout dans des épiceries, des pharmacies, des quincailleries et des dépanneurs.


Deux détails techniques comptent pour qui possède déjà une machine. La compatibilité, d'abord : les cylindres fonctionnent avec la plupart des machines du marché, dont SodaStream, Aarke et Drinkmate, grâce à deux modèles adaptés aux systèmes de valve, à vis ou à connexion rapide. L'entrée dans le système, ensuite : un cylindre vide d'une autre marque, de type classique à visser, peut être échangé contre un cylindre plein du réseau. Il n'est donc pas nécessaire de racheter son équipement pour changer de fournisseur.


Ce que le modèle demande aux commerces de proximité

Le succès d'un réseau d'échange tient à la disponibilité et à la proximité des points de service, et c'est ce qui explique le choix des commerces où les gens passent déjà. L'engagement demandé reste léger, ce qui permet aux petits commerces indépendants de participer : un espace d'entreposage réduit pour quelques cylindres pleins, la récupération des vides, et aucun équipement de remplissage, puisque le gaz est conditionné ailleurs.

Pour le commerce, l'échange se fait au comptoir, sans commande préalable, et l'achalandage supplémentaire est souvent bénéfique : le client qui vient échanger un cylindre repart rarement avec le seul cylindre. C'est cette logique de gagnant-gagnant, plus qu'un argument environnemental, qui fait grandir le réseau commerce par commerce.


Combien coûte l'eau pétillante maison

Les chiffres publiés par l'entreprise donnent un ordre de grandeur. Un cylindre neuf, à l'achat initial, se détaille à 28,50 $. Par la suite, l'échange d'un vide contre un plein coûte nettement moins, puisque le contenant n'est jamais racheté, et l'entreprise chiffre le résultat à environ 0,20 $ le litre pour un cylindre de 60 litres. À ce calcul s'ajoute la machine, un achat unique amorti sur plusieurs années, et l'eau du robinet, dont le coût est marginal. Les cylindres de CO2 réutilisables du réseau existent en deux formats de valve, ce qui évite de changer d'appareil.

Formule

Où se procure-t-on le CO2

Contenant

Coût par litre

Déplacement requis

Canettes ou bouteilles achetées à l'épicerie

Sans objet, la boisson est déjà gazéifiée

Un nouveau contenant à chaque achat

Variable selon la marque

À chaque achat, avec le poids de l'eau à transporter

Machine avec cylindre racheté neuf chaque fois

Détaillant en grande surface

Un nouveau cylindre d'acier à chaque remplacement

Variable selon le détaillant

Vers un détaillant précis

Machine avec cylindre échangé en commerce de proximité

Commerce partenaire du réseau

Le même cylindre repart vers le remplissage

Environ 0,20 $ selon l'entreprise

Selon la présence d'un point d'échange sur le trajet

Les cases marquées « variable » dépendent du détaillant et de la marque, et n'ont pas d'équivalent public fiable. Un dernier facteur pèse dans le calcul réel : le déplacement. Un échange fait en même temps que l'épicerie ne coûte rien de plus. Un aller-retour de trente minutes uniquement pour du CO2 annule une partie de l'avantage, économique comme environnemental.


Un modèle qui vaut ce que vaut le réseau local

L'alternative aux cylindres de CO2 ne repose pas sur une nouvelle technologie, mais sur une logistique inversée : faire revenir le contenant vers le remplisseur au lieu d'en fabriquer un nouveau. Le gain est réel, à condition de pouvoir compter sur un point d'échange à proximité.


Pour un ménage qui consomme régulièrement de l'eau pétillante, le calcul se résume à trois questions : y a-t-il un point d'échange près de chez moi ou de mon travail, combien de litres est-ce que je consomme par mois, et suis-je prêt à adapter mes habitudes d'achat. Si les trois réponses sont favorables, le passage au réutilisable va de soi, et il se vérifie en quelques minutes sur la carte des points d'échange avant d'acheter quoi que ce soit.



 
 
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