Nettoyer sans produits agressifs ni parfum quand il y a des enfants dans la maison

Une maison propre n'exige pas des produits sans compromis, et la plupart des parents découvrent l'écart entre les deux le jour où leur tout-petit commence à sortir les bouteilles de sous l'évier. L'armoire à produits ménagers typique contient une gamme de nettoyants choisis d'abord pour leur efficacité, le parfum et les résidus venant loin derrière. Bâtir une routine de nettoyage écologique avec des enfants n'oblige pas à renoncer à une maison propre; ça demande de faire attention aux ingrédients, et à l'endroit où les bouteilles sont rangées une fois que les enfants sont assez grands pour les atteindre.
Ce texte explique pourquoi les produits sous l'évier comptent plus avec des enfants, comment lire une étiquette, ce que « écologique » veut dire vraiment sur une bouteille, et par où commencer, avec les nettoyants pour surfaces sans parfum qu'un fabricant québécois propose comme point de départ plutôt qu'en remplacement de toute l'armoire d'un coup.
Pourquoi les produits sous l'évier comptent plus avec des enfants
Les enfants entrent en contact avec une surface nettoyée autrement que les adultes. Un bambin qui rampe sur un plancher qu'on vient de laver, un bébé qui mâchouille un jouet posé près du comptoir, une main d'enfant qui passe directement d'une table essuyée à sa bouche. Dans toutes ces situations, le résidu d'un produit a un contact plus direct avec un petit corps qu'avec un adulte qui traverse la pièce.
Le parfum, lui, reste longtemps sur les surfaces et dans l'air après le nettoyage, et c'est l'un des irritants les plus courants pour les enfants à la peau sensible, allergiques ou asthmatiques. Ça ne veut pas dire que tous les nettoyants conventionnels sont dangereux; ça veut dire que dans une maison avec de jeunes enfants, la marge d'erreur est plus petite, ce qui suffit à justifier de regarder de plus près ce que les bouteilles contiennent.
Lire une étiquette de produit ménager
Quelques ingrédients méritent l'attention, parce qu'ils sont des irritants fréquents ou parce qu'ils deviennent dangereux mélangés à d'autres produits. Il faut lire la liste d'ingrédients, pas seulement le devant de l'étiquette.
L'eau de Javel, qui dégage des vapeurs dangereuses si elle est mélangée à un nettoyant à base d'ammoniaque.
Le parfum ajouté, indiqué « parfum » ou « fragrance », déclencheur fréquent d'irritation de la peau et des voies respiratoires.
Les solvants de certains nettoyants à vitres et à surfaces, qui irritent les yeux et les voies respiratoires dans un espace petit et mal ventilé.
Les termes flous comme « naturel » ou « éco » sur le devant de l'emballage, qui ne sont pas réglementés comme la liste d'ingrédients et ne garantissent rien.
Un détail que peu de parents savent : au Canada, les produits ménagers ne sont pas tenus d'afficher les composants de leur parfum. Le mot « parfum » peut couvrir des dizaines de substances. Un produit qui n'en contient pas règle la question sans qu'on ait à la poser.
Ce que « écologique » veut dire vraiment sur une bouteille
Le terme est employé si librement qu'il vaut mieux le prendre comme point de départ que comme garantie. Certains produits vendus comme écologiques reposent vraiment sur des ingrédients biodégradables et un emballage réduit. D'autres utilisent un emballage vert et une feuille sur l'étiquette au-dessus d'une formule identique à un nettoyant ordinaire. La seule façon sûre de faire la différence est de dépasser l'étiquette de devant et d'examiner la liste d'ingrédients, ou de chercher une certification indépendante que l'entreprise ne peut pas imprimer sans l'avoir obtenue.
La qualité de l'air intérieur entre aussi en jeu, même si la plupart des parents n'y pensent pas. Les produits de nettoyage, surtout en vaporisateur, dégagent des composés qu'on respire longtemps après que le nettoyage visible est terminé. Dans une petite pièce mal ventilée, une salle de bain, une chambre d'enfant, ces composés restent plus longtemps que dans une grande pièce aérée. Des produits sans parfum et à faible teneur en composés volatils réduisent à la fois ce qui touche la peau d'un enfant et ce qu'il respire pendant l'heure ou deux qui suivent.
Bâtir une routine sans parfum, un produit à la fois
Le bon point de départ est ce qu'on utilise le plus souvent : le savon à vaisselle, un nettoyant tout usage pour les surfaces et le détergent à lessive. Remplacer ces trois produits règle l'essentiel de ce qu'un enfant touche chaque jour, sans changer toute la maison en une soirée. Le reste de l'armoire se remplace ensuite à mesure que les bouteilles se vident, plutôt que d'un coup.
L'ordre a sa logique. Le savon à vaisselle sert tous les jours et touche les mains juste avant les repas. Le vaporisateur pour la salle de bain suit, parce que c'est la pièce la plus petite et la moins ventilée de la plupart des maisons. Le détergent à lessive vient ensuite parce que c'est le seul produit qui reste en contact direct avec la peau d'un enfant pendant des heures, par ses vêtements et sa literie. Aucun de ces trois remplacements n'exige de course spéciale ni d'abonnement; ce sont les mêmes trois produits que la plupart des maisons achètent déjà en rotation, en choisissant la version sans parfum au moment de racheter plutôt que la moins chère ou la plus familière sur la tablette.
Le rangement compte autant que les ingrédients. Un nettoyant sans parfum à base de plantes se garde quand même hors de portée d'un bambin, idéalement dans une armoire munie d'un loquet. Plus sûr ne veut pas dire sûr à laisser sur le plancher, et le Centre antipoison du Québec reçoit chaque année des appels pour des produits « naturels » ingérés.
Impliquer les enfants sans risque
Beaucoup de parents veulent que leurs enfants participent au ménage léger, et c'est un objectif raisonnable, à condition de choisir les tâches. Un enfant d'âge scolaire peut essuyer une table avec un linge humide et un vaporisateur doux sans parfum. Il ne devrait pas manipuler quoi que ce soit qui contient de l'eau de Javel, de l'ammoniaque ou qui a une forte odeur de solvant, quelle que soit son habileté apparente.
Une règle qui fonctionne dans bien des maisons : si on ne voudrait pas qu'un produit soit dans les mains d'un enfant pendant l'heure qui suit, on ne lui confie pas la tâche de nettoyer avec, même sous supervision.
Étendre le même standard à leurs propres produits
Quand le sans parfum devient la norme pour la maison, il est logique d'appliquer le même standard aux produits qui touchent directement les enfants, pas seulement aux surfaces autour d'eux. Ça veut dire vérifier les produits pour le bain, le détergent pour leurs vêtements et les lotions de la même façon qu'un nettoyant. Les marques qui bâtissent leur gamme sur le sans parfum appliquent généralement les mêmes principes d'ingrédients à leurs produits pour bébés et enfants qu'à leurs nettoyants, ce qui permet de magasiner avec un seul standard en tête plutôt que deux.
Un rythme réaliste pour changer
Il n'est ni nécessaire ni pratique de remplacer toute l'armoire en un après-midi, puisque la plupart des maisons ont déjà des bouteilles à moitié pleines. La méthode qui tient est de remplacer chaque produit à mesure qu'il finit, en commençant par le plus utilisé, généralement le savon à vaisselle ou le vaporisateur tout usage. En quelques mois, l'armoire a changé sans qu'on ait jeté quoi que ce soit.
Le nettoyage écologique avec des enfants n'est pas un grand changement unique, mais un standard qu'on applique chaque fois qu'on rachète. Commencer par ce qui sert le plus, lire au-delà de l'étiquette de devant, et garder hors de portée tout ce qui contient de l'eau de Javel ou sent fort : c'est l'essentiel, et c'est faisable sans changer sa façon de tenir la maison.
