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Le retour du postmodernisme en design : comprendre l’esthétique rétro qui inspire nos intérieurs

Frontière FM
5 oct.
5 min de lecture


Légende : Suspension Forma aux formes géométriques installée dans une pièce contemporaine


Vous l’avez peut-être remarqué en feuilletant un magazine de décoration ou en passant devant une vitrine. Les cercles, les arches et les couleurs franches ont remplacé le gris et les lignes droites qui régnaient depuis dix ans. Ce style porte le nom de design postmoderniste, mais pas de souci, il n’est pas question de repeindre vos murs jaune moutarde.

 

Voici comment reconnaître le style, par quoi commencer, et comment le faire vivre avec le mobilier que vous avez déjà.


À quoi ressemble un design postmoderniste intérieur

Le premier signe est la géométrie. Là où le style scandinave préfère les formes adoucies et les proportions discrètes, celui-ci aime les figures qu’on peut nommer. Un cercle parfait, un demi-cercle, un cylindre, une arche. Les formes sont posées les unes sur les autres de façon visible, sans être fondues dans un ensemble lisse.


Le deuxième signe est la couleur. Pas nécessairement criarde, mais assumée. Un bleu profond, un bourgogne, un ocre, un vert bouteille. La couleur n’essaie pas de se marier discrètement au reste de la pièce, elle est là pour être vue.


Le troisième signe passe souvent inaperçu, soit le détail décoratif distinctif. Une cannelure, un fil coloré, une pièce d’assemblage laissée apparente : quand on parle de postmodernisme, ce sont des ornements à part entière, pas des défauts de finition.


La différence avec le mid-century

Les deux styles se ressemblent en photo et se mélangent souvent dans les mêmes boutiques, mais ils ne se comportent pas de la même façon dans une pièce.


Le mid-century modern, celui des années 1950 et 1960, mise sur le bois, les pieds fuselés et des lignes plutôt sobres. Ses couleurs sont chaudes et un peu poussiéreuses, du moutarde au vert olive. Il s’intègre presque partout et se fait discret.


L’esthétique postmoderne, plus tardive, va chercher le contraste. Les volumes sont plus francs, les couleurs plus saturées, et une pièce suffit à attirer l’œil dans toute la pièce.


Commencer par un seul objet

Un intérieur postmoderne intégral demande une maîtrise que peu de gens ont, et il peut devenir épuisant à habiter au bout de quelques mois s’il est mal réalisé. La façon de faire qui fonctionne, c’est d’utiliser un seul objet marquant par pièce, en laissant le reste volontairement plus sobre.


L’approche coûte moins cher, puisqu’un seul achat suffit à donner le ton. Elle est également réversible, ce qui vous réjouira si vous n’êtes plus certain d’aimer le style après quelques années. De plus, elle met l’objet en valeur, ce qu’un environnement chargé ne fait jamais.

Ajoutez une limite de couleur : deux teintes fortes au maximum dans une même pièce, en comptant celle de l’objet vedette. Au-delà, l’œil ne sait plus où se poser et l’ensemble donne une impression de fouillis plutôt que d’intention.


Le luminaire, une porte d’entrée toute trouvée

Le luminaire concentre presque tous les codes du style dans un seul objet, et c’est l’achat le moins risqué. Les formes géométriques s’y lisent bien, la couleur s’applique sur une petite surface, et l’assemblage visible y devient un ornement au lieu d’un défaut. En prime, un plafonnier se change sans toucher au reste du décor.


Les fabricants ont suivi. Il existe par exemple une collection d’inspiration postmoderne conçue comme un système d’assemblage : les modèles se combinent entre eux, vous choisissez la couleur, le type de fil, les globes de verre et la finition du métal, et les pièces habituellement cachées comme la platine de plafond font partie de la composition.

Quelques configurations reviennent souvent et donnent des résultats fiables. Une suspension seule au-dessus de la table à manger, qui devient le point fort de la pièce sans rien changer d’autre. Une grappe de plusieurs modèles accrochés à des hauteurs différentes, pour un effet sculptural dans une cage d’escalier ou au-dessus d’un îlot. Et un cordon volontairement dévié de son axe, fixé plus loin au mur ou au plafond, ce qui permet d’éclairer une table qui n’est pas centrée sous la boîte électrique. Cette dernière astuce règle un problème très courant dans les maisons rénovées, et elle évite de faire déplacer une sortie électrique.


Le tableau suivant donne un geste réaliste par pièce, avec l’excès à éviter dans chaque cas.

Pièce

Geste réaliste

À éviter

Salle à manger

Une suspension géométrique au-dessus de la table

Trois styles qui se concurrencent dans la même pièce

Salon

Un miroir en arche ou un fauteuil aux formes franches

Repeindre tous les murs dans une couleur saturée

Entrée

Une applique colorée et un miroir circulaire

Accumuler les objets décoratifs sur une petite surface

Cuisine

Des tabourets colorés ou des poignées contrastantes

Un carrelage à motif sur toute la crédence

Chambre

Deux appliques de lecture aux formes cylindriques

Une tête de lit à motif avec un tapis chargé

Marier la pièce choisie avec du bois et des murs blancs

La plupart des maisons de la région ont un point commun, et c’est une bonne nouvelle : beaucoup de bois. Planchers de chêne ou d’érable, armoires en merisier, moulures, escaliers. Le bois joue le rôle de neutre chaud et supporte très bien une pièce colorée.


Quelques gestes facilitent la cohabitation :

  • reprendre la couleur de l’objet vedette une seule autre fois dans la pièce, en petite quantité, dans un coussin ou un objet

  • laisser une surface complètement dégagée à proximité, pour que la pièce forte respire

  • choisir un blanc légèrement chaud pour les murs, du côté du crème, plutôt qu’un blanc froid qui rend le contraste clinique

  • attendre quelques semaines avant d’ajouter un deuxième objet, le temps de voir si le premier vous plaît encore


Un mot sur les luminaires anciens. Si vous avez hérité d’un plafonnier en laiton des années 1980, ne le jetez pas trop vite. Certaines de ces pièces reviennent à la mode, et un simple nettoyage suffit parfois pour les faire renaître.


Ce qui coûte cher à corriger

Les regrets, dans ce style, viennent presque toujours des choix irréversibles. Un carrelage à motif posé sur toute une surface, un comptoir de couleur vive, un papier peint sur les quatre murs. Ce sont les gestes qu’on aime pendant deux ans et qui nous coûtent cher à défaire.

Les objets, à l’inverse, se revendent, se déplacent ou se rangent. Un luminaire, un miroir, un fauteuil d’appoint, un vase. Si le style vous quitte, la pièce retrouve son état d’origine en une soirée. C’est la seule raison pour laquelle il vaut la peine de commencer par là plutôt que par les murs.


La patience, la clé d’une déco postmoderniste

Le design postmoderniste intérieur ne demande ni budget de rénovation ni conversion complète. Il se teste avec un objet, dans une seule pièce. Pour voir à quoi ressemble ce style appliqué à des pièces fabriquées ici, Luminaire Authentik, un atelier de luminaires établi à Cowansville, produit ce genre de collections en Montérégie, avec une bonne part de ses composantes fournies dans les environs de son atelier.



La marche à suivre la plus sûre reste la plus lente. Choisissez la pièce où vous passez vos soirées. Remplacez le luminaire par un modèle aux formes franches, dans une couleur que vous aimez depuis longtemps plutôt que dans la teinte de l’année. Puis, ne touchez à rien pendant un mois. Si l’objet vous plaît encore à ce moment-là, vous saurez que le style vous convient réellement. Sinon, vous aurez simplement perdu le prix d’un luminaire, ce qui fera un trou certainement moins vaste dans votre budget que si vous aviez opté pour un nouveau plancher.s vaste dans votre budget que si vous aviez opté pour un nouveau plancher.

 
 
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